Quand le temps nous joue des tours!

Un texte de Frédérique Lavoie-Roy
Photo de couverture: Imagève Photo

Mon garçon, on va se le dire, la vie passe vite, trop vite parfois. Il me semble que c’était hier que je voyais le petit plus tant désiré apparaître discrètement sur le bout d’un banal bâton de plastique acheté à la pharmacie du coin. Une fois la nouvelle encaissée, on aurait dit que chaque minute de ma grossesse ne passait pas assez vite pour moi. J’avais dont hâte de rencontrer ta petite bouille lors des échographies. Toi qui n’était alors qu’une sorte de nuage dans un écran noir laissant subtilement apparaître ta frêle silhouette. Dont hâte que mon ventre s’arrondisse, que le monde entier voit que mon univers c’était maintenant toi. Que chaque nausée, chaque crampe au mollet, chaque maux d’estomac et chaque sautes d’humeur en valaient le coût.

Lorsque tu es finalement arrivé après trente-neuf interminables semaines à te porter, le temps s’est arrêté laissant place à un instant magique où nos regards se sont finalement croisés. Si j’avais su à quel point il déciderait par la suite de me jouer des tours, je crois bien que j’aurais détruit toutes les horloges mises à ma disposition, parce que oui mon bébé, tout va si vite depuis. Je me souviens encore de toutes tes premières fois et surtout d’à quel point j’avais dont hâte que ça arrive. Je voulais te voir grandir, sourire et bouger parce que chéri, au début, à part de boire, dormir et déféquer, il ne se passait pas grand chose tsé. À cette époque, je figeais chaque moment sous ma lentille pour être certaine de ne rien manquer. Même ton premier rhume était spécial et émouvant pour mon cœur de nouvelle maman.

Pourtant mon amour, j’ai quand même l’impression que j’en ai manqué un grand bout. Quand est-ce que tu es devenu si grand? Pourquoi vieillis-tu aussi vite? Quand je te vois aujourd’hui compter jusqu’à quinze sans te tromper, prononcer le mot bocconcini avec assurance, développer ta sensibilité envers ton petit frère, faire des blagues ou encore devenir un comédien hors pair, autant lorsqu’il est temps de faire un bacon bien senti ou pour me supplier de te donner un chocolat, je me dis que ça ne se peut pas. Ça ne se peut pas que tu aies grandi aussi vite. Que bientôt tu auras 3 ans et que tu deviens de plus en plus autonome. Tu es propre, manges seul, passes des heures à regarder tes livres et à nommer chaque objet que tu y vois. Ton visage se remplit de fierté quand tu réussis à me nommer tes couleurs en anglais ou quand tu m’aides à cuisiner une pizza. Tu veux allaiter ton frère pour t’en occuper seul, cuisiner des gâteaux imaginaires et faire des devinettes. Tu es espiègle, empathique et le fait que tu penses que ton nom de famille c’est « d’amour à la folie » fait gonfler mon cœur de joie. Quand est-ce que tu es devenu si grand? Quand est-ce que tu as appris à te calmer seul, à t’amuser seul et que j’ai cessé d’être le centre de ton univers? Quand est-ce que tu t’es transformé en p’tit garçon avec une personnalité propre à lui? Toutes ces choses que tu as apprises en si peu de temps…

Parfois, j’aimerais reculer le temps un peu, revenir au moment où je devais te flatter des heures pour t’endormir, où je devais te relever quand tu tombais et où seule ma voix apaisait tes peurs. Heureusement que la vie est bien faite tu sais et que quelques fois, le temps d’un court moment, quand tu me demandes de te porter collés collés ou bien de te chanter une berceuse pour te border, je te retrouve mon garçon, mon petit bébé.

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