Quand allaitement et intolérances alimentaires ne font pas bon ménage

Un texte de notre collaboratrice Audrey DC

Avant d’avoir ma fille, j’étais vraiment pro-allaitement. Je respecte le choix de chacune d’allaiter ou non, mais il était clair pour moi que j’allais le faire, et c’est d’ailleurs ce que j’ai fait. Ma fille était une buveuse experte et nous avons filé le parfait bonheur les premiers jours. Je me rappellerai toujours le moment où j’ai mis ma fille au sein après trois semaines d’allaitement et qu’elle s’est mise à hurler en se jetant par en arrière. Je ne comprenais pas ce qu’il se passait. Elle semblait souffrir le martyre. Toutes sortes de symptômes sont apparus soudainement; reflux, diarrhée, vomissements, boutons, maux de ventre et mucus dans les selles. En faisant des recherches, j’ai peu à peu compris qu’elle était intolérante à la protéine de lait de vache et à la protéine bovine et probablement au soya également. J’ai donc décidé de faire un régime d’éviction.

Au fil des semaines, les douleurs persistaient, et ce, malgré le fait que je ne mangeais plus de produits laitiers, de boeuf et ni soya. Je me sentais si coupable. J’avais l’impression que j’étais toxique pour mon enfant. Après quatre mois d’acharnement et après avoir coupé de plus en plus d’aliments, sans succès, j’ai décidé de cesser l’allaitement et de choisir un lait hypoallergène.

J’ai longtemps ressenti un sentiment d’échec. Surtout que le lait “artificiel” que je donnais à ma fille a amélioré sa situation instantanément. Un lait fabriqué de toute pièce réussissait à soulager mon enfant alors que mon lait, spécialement conçu pour elle, la faisait horriblement souffrir.

Je sais que beaucoup de femmes persistent et font le régime d’éviction pendant plus d’un an. J’admire profondément leur persévérance. J’ai néanmoins basé mon choix sur ma santé mentale. J’étais tannée de me sentir coupable de faire souffrir ma fille. C’était le meilleur choix pour ma famille.

Lorsque j’ai compris que mon deuxième était également intolérant, j’ai pris la décision de ne pas poursuivre l’allaitement. Je ne voulais pas revivre les mêmes émotions. Malheureusement, nous n’avons jamais trouvé le lait idéal pour Nathan puisque ses intolérances étaient plus sévères. Au moins, je ne ressentais pas que c’était ma faute.

Depuis que j’ai découvert les intolérances de mes enfants, je me suis inscrite sur des groupes Facebook qui soutiennent et conseillent les parents qui vivent des situations semblables. Je vois de plus en plus de gens qui vivent cela et je trouve que ça rend le début de vie de nos enfants beaucoup plus difficile. Si vous vivez cette situation, je vous encourage à garder espoir. Le temps arrange souvent les choses, les intolérances se résorbant souvent dans les deux premières années de vie de l’enfant. Je vous conseille aussi de prendre la meilleure décision pour votre famille concernant la façon de nourrir votre enfant.

Si vous avez connu une situation semblable à la mienne, comment vous êtes vous sentie?

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