Audrey DC,  Fait vécu

Exister pour moi malgré mon rôle de mère

Un texte de notre collaboratrice Audrey DC

Il n’y a pas à dire, la maternité remet vraiment les choses en perspective. Certaines choses qui nous donnaient l’impression d’être heureuse sont soudainement tellement dérisoires à côté de l’amour qu’on porte à notre nouveau petit bébé. Par exemple, danser avec des amis ou partager un bon souper, ou encore lire un livre, me paraissaient comme des moments de joie incommensurable avant de rencontrer ma fille. Même tomber amoureuse me semble soudain moins fort qu’avant, comme une émotion de second ordre, malgré que j’aime encore passionnément le papa de mes deux trésors.

J’ai longtemps médité sur ce qui m’empêchait de prendre du temps pour moi. J’ai une famille aimante qui se fait un plaisir de prendre soin de mes cocos à l’occasion, pourtant j’en profite très peu. Je m’entends encore leur dire à tous que je tiens le coup, que j’adore être maman (c’est vrai) et que leur présence me suffit amplement (aussi vrai). 

Je me rends compte aujourd’hui que c’est un leurre. Je crois que la maternité m’a plongée dans un univers parallèle beaucoup plus attrayant que ma petite personne. J’ai toujours été assez quelconque. Je passais même inaperçue. Or, la maternité m’a rendu importante. Je suis devenue le centre de l’univers de deux petites personnes, et les plus belles à mes yeux en plus. À leurs côtés, je suis si fière, je ne me tanne pas de les regarder et de les admirer. J’adore leur sourire, leur odeur me rend euphorique.  Je les prends en photo sans arrêt pour les montrer au monde entier. Mais quand je regarde mes photos des deux dernières années, ce n’est que mes enfants que je vois. Si je m’aperçois, c’est en selfie avec eux.

Et moi, je me suis mise où pendant ce temps? Je suis disparue et je commence à m’en rendre compte.  Je me rends compte aussi que je m’ennuie un peu… de moi. J’aurais brusquement envie d’aller danser et de lire un livre, de voir des amis. Je ne parle évidemment pas d’abandonner mes enfants, mais peut-être de me redonner un certain équilibre pour que J’EXISTE aussi. MOI, l’amoureuse, l’amie, la professionnelle, la fille, la sœur, la belle-fille, la belle-sœur, etc. Tous ces chapeaux que j’ai laissé tomber pour me consacrer à ce qu’il y a de plus important dans ma vie, être maman. Et c’était le plus beau des sacrifices… même qu’à bien y réfléchir je n’ai rien sacrifié du tout. Je suis devenue meilleure à travers leurs petits yeux. Mais la réalité est que je ne peux pas vivre ma vie à n’exister qu’à travers leurs yeux, aussi magnifiques soient-ils.

Il est temps de quitter mon avatar et de revenir au monde réel. Celle que je contemple dans le miroir ce matin ne me donne pas nécessairement le goût de m’y replonger. Cheveux en bataille, cernes jusqu’au menton, mon poids de grossesse qui reste à perdre, des vêtements passés mode, trop petits ou trop grands. Mais je m’y attelle, et je recommence à me considérer, car j’en vaux la peine. Après tout, mes deux petits amours ont besoin d’une maman en santé.

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