Collaboration,  Fait vécu

À toi maman qui accouchera prématurément

Collaboratrice invitée: Julie Gaudreau

J’ai accouché prématurément. Mon fils, a dû être extirpé de son nid douillet après 32 semaines et 5 jours.

Une maman que je connais, ayant elle aussi parcouru les montagnes russes de la prématurité, de la néo-natalité, des bradycardies, des désaturations, alouette, m’a alors dit : ” Ça ne sera pas un bout facile, mais je te promet que ton enfant t’impressionnera…”.

J’ai trouvé cette phrase clichée. Irréaliste. En fait, je ne comprenais pas encore. La deuxième partie surtout. Il était trop tôt.

Il faut le dire, le sentiment de passer par un bout difficile ou plutôt ”d’être à bout”, je pouvais déjà me le figurer. Je venais de passer deux semaines (toute la période des fêtes, précisons-le!) hospitalisée pour maîtriser ma pré-éclampsie, d’avoir une césarienne d’urgence, de voir mon fils de 3lbs et 2 oz branché par mille et un fils dans son incubateur et de constater que je devrais vivre avec la tristesse, la peur, la culpabilité et l’impuissance pendant plusieurs semaines encore.

Donner naissance à un enfant trop tôt, c’est ne pas avoir pu le garder au chaud aussi longtemps que prévu. C’est aussi le deuil de ne pas avoir vécu une grossesse normale, un accouchement normal. C’est ensuite rapidement la peur que ton enfant (qui était dans ton ventre il n’y a pas si longtemps!) à qui on faisait passer des échographies et des tracés par dizaines, ne survive pas. Qu’ayant côtoyé une vingtaine d’infirmières, ton enfant ne te reconnaisse pas, ne s’attache pas à toi. Que toi aussi tu ne t’attaches pas à lui…

De jour en jour, malgré les sentiments et les deuils qui rongent l’intérieur, il y avait lui. Ce petit être oh combien fragile et si fort à la fois. Malgré sa prématurité, il a surmonté les piqûres et les douleurs. L’inconfort et le mal-être. On lui a rapidement retiré son aide à respirer, sa sonde à gavage. Il a commencé à boire comme un glouton et à grossir à vue d’œil comme un champion. Le personnel le surnommait ”gripette” car, malgré son faible poids, il avait déjà du caractère et savait ce qu’il voulait. 

Chacune de ses réussites m’a émerveillée et m’a rendue si fière. C’était mon fils, mon gripette, mon guerrier à moi. Et je me suis souvenue de ce que cette maman m’avait dit… Elle avait dit vrai.

À mon tour maintenant de te dire, à toi chère maman qui donnera naissance à un enfant prématuré, tu te sentiras dépassée, coupable, impuissante, démolie… Ça ne sera pas un bout facile, mais je te promet que ton enfant t’impressionnera et qu’il sera une source de fierté et d’inspiration.


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